poueeeettttttttttt *

Publié le par gotolebanon

 


 

Je vous souhaite à toutes et tous une joyeuse année 2011!!!

C'est lambda, un peu bête, mais, que voulez-vous, ce sont les conventions... et qui plus est, une phrase qui fait souvent plaisir et qui possède un don unique: celui de mesurer le chemin parcouru, celui qui fait briller les yeux alors que notre tête élabore de nouveaux projets et rêve d'un futur toujours plus beau.

Et je veux voir vos yeux briller ;)

Mon année 2010 fut riche en émotions, en rencontres et aussi en prise de conscience (s'épuiser à la tâche et être overbookée 24h sur 24 n'est pas le synonyme du verbe vivre. Ben tiens.) Les deux derniers mois furent également un feu d'artifice émotionnel, spirituel et intellectuel: car cela fait deux mois et des brouettes que je suis au Liban.

 

Mabsût!

 

Bref. Quoi qu'il en soit, je vous souhaite une belle année, pleine de joie et toujours emplie de sourires. Ben voui, le bonheur, ça se gagne à coup de charme zygommatique. Il faut bien le draguer un tantinet. Car c'est important, le bonheur (wooh, le scoop!) Et ça s'acquiert souvent à coup d'oeuillade bien placées. Je m'explique...

Souvent, on ne se rend compte de son existence dans le présent seulement lorsqu'il disparait. Il devient alors un beau souvenir vers lequel les méandres de notre mémoire nous transportent, lorsqu'on est porté sur le coup de blues. Ou sur la bouteille. Parfois, ça va ensemble.

Et, à la recherche du bonheur perdu, la nostalgie emplit l'atmosphère: "c'était mieux avant". Au mieux, "ça ira mieux demain". Mais tamponnons-nous l'oreille avec une babouche!! Car le passé est le passé (deuxième scoop) et le futur n'est que le terrain de jeu de notre imagination. Et si, comme nous l'avait soufflé Schoppenhauer, nous faisions de notre présent notre mode de vie?

Lors de notre raclette party en mode libanaise (renommée par moi-même "le sacrilège du gouda maudit"), ce fut un peu le fruit de notre réflexion, à Pauline et moi... Car à la petite phrase magique "Happy New year!" entraine souvent l'élaboration d'une fastidieuse liste de bonnes résolutions.

Nous avons choisi celle du bonheur.

Tout simplement!

Car ce n'est pas toujours facile, même si nous ne sommes pas là pour les mêmes raisons (promis, bientôt, j'écrirai un article sur ce que je fais au Liban) nous avons souvent les mêmes raisons d'avoir le regard triste. Loin de notre famille, de notre vie sécuritaire, plongées dans une culture tellement différente, dans une langue qu'on ne comprend que rarement (et arretez de dire que parler arabe n'est pas indispensable au Liban. Car tout le monde ne parle pas français ou anglais. Surtout là où je vis) avoir le moral est parfois difficile.

Dans La physique des catastrophes de marisha pessl, un bouquin que je lis en ce moment, il y a une théorie à propos de la détermination, que j'aime bien et qui me fait penser à cela:

"Au bout du compte, un homme devient ce à quoi il croit, qu'il soit grand ou petit. C'est pourquoi certains sont victimes de rhumes ou de catastrophes, tandis que d'autres dansent sur les flots."

Alors, sourions !

 

Et maintenant, la première photo issu d'un tryptique que vous allez pouvoir admirer sous vos yeux, au moins, ébahis.

La photo de la semaine du 19 au 26 décembre

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C'est moiii! (avouez, c'est plutot rare sur ce blog, comme le sont devenus les articles en ce moment...)

Et mon super cadeau: pyjama en pilou rose avec robe de chambre et pantoufles assortis, sivouplait.

C'était le 23 décembre, dernier jour de cours avant les vacances. Depuis le 1er décembre, nous "jouons" avec les enseignantes à un petit jeu, l'ami inconnu, dont le but est tou simplement d'offrir de petites intentions à une personne dont on a pioché le nom, au hasard.

J'y ai joué chez les scouts: on s'écrivait de petits mots sympas, on s'offrait de petites choses symboliques, et, plus important, on essayait de passer plus de temps avec la personne.

Ici, ce fut un peu différent...

Dès le premier jour, de gros et parfois magnifiques cadeaux trônaient en salle des profs. C'était Noël tous les jours. Pour ma part, j'ai recu: un pull, une écharpe, des pantoufles (3 paires au total), des bijoux, une montre, un chapelet...

Certaines ont reçu des sacs, des fringues. Bref, c'était la folie.

Dès qu'il y avait un cadeau sur la table, chacune le déballait et regardait le présent -même si c'était pas le sien- avant de le remballer -puisque c'était pas le sien du coup- puis y allait de son petit commentaire. Beau, pas beau, et surtout, cher ou cheap...

J'ai vite compris que j'étais loin du petit jeu où le but principal était la connaissance de l'autre... Le plus important, c'était le prestige.

 

Je passerai même au présent: le plus important, en général, c'est le prestige. Ainsi, les libanais aiment montrer qu'ils ont de l'argent: ca se voit dans les baies vitrées des grands restos, par exemple, dans la préparation de la sacro-sainte sortie shopping (mettre ses plus beaux vetements, prendre son sac vuitton contrefait -la contre façon pullule ici- sortir ses plus belles chaussures et aller dans les magasins de luxe où l'on dépensera l'argent que l'on a pas) et aussi lorsque vous vous baladez avec un libanais. Ainsi, lors de visites

  • dans Beyrouth

  • dans une école

  • chez des gens

vous découvrez le prix des choses, en dollars. "Ca, ça nous acouté 50 000 mille dollars." ou "ces bureaux, je les ai fait venir d'Amérique, pour tant dollars pièce".

C'est un trait de caractère un poil pénible, mais réellement existant et en somme toute logique: quand on parle de l'opulence orientale, ce n'est pas pour rien.

Ainsi, cette volonté de se montrer est en lien avec l'opulence de maquillage chez les femmes, dans la présence des grosses voitures ou des mercedès un peu partout dans les rues, dans le cérémonial du pourboire, dans la taille des plats que l'on commande au restaurant, dans l'habitude de laisser énormement de reste dans les plats mais d'en commander d'autres, dans les grosses montres pleines de strass qui pendent aux poignets de tous.

 

Du coup, avec mes cookies fait maison accompagnés d'un petit mot, j'étais comme hors-sujet. Je m'en suis quand même sortie, évitant cependant de justesse la catastrophe (appelé aussi "elle sait que c'est moi et me fait la gueule chaque matin ou alors explique à tout le monde qu'elle veut du maquillage mais moi je n'ai pluuus de sous alors je regarde penaude mes supers chaussures que je porte tous les jours depuis 2 mois O_O et balance l'air de rien "vous saviez que je ne suis pas payé? Que je vis ici gratuitement, que je travaille pour rien et que votre pays est cher???")

En définitive, ce fut rigolo même si chaque matin fut pour moi un moment de honte et de gêne car mes cadeaux, non quotidiens, ne collaient pas à la demande. S'inculturer, oui, se renier, se ruiner, non.

La remise du cadeau final fut émouvante. Véritable, tout le monde -sauf moi, femme sans coeur- a pleuré (d'ailleurs, au passage, c'est idiot, mais j'ai l'impression que les libanais sont bien plus expressifs que nous)

 

Ces larmes ont rappellé à toutes je l'espère que le manteau du prestige ne suffit pas à nous tenir chaud: il faut parfois se couvrir d'amitié. Pour ma part, le plus beau cadeau que mon ami inconnu ai pu me faire n'a pas l'origine racée des magasins à la mode de Zahlé: nous avons passé une super soirée ensemble, en compagnie de ses amis et du narguilé, et une nuit à papoter en mangeant des cacahouetes après que nous nous fûmes recueillies au sanctuaire de la sainte Vierge (Amani est sunnite mais a tenu à m'emmener au sanctuaire, j'ai trouvé ce geste magnifique)

 

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A très bientôt pour de nouvelles aventures Noëlistiques!

 

* c'est comme ça que le barbu m'a souhaité la bonne année, à minuit pile, à grands renforts de corne de brume en carton dans l'oreille. Dommage que je ne puisse pas vous retranscrire le son, ca serait tellement plus drôle... (en vrai, j'ai une vidéo mythique. Trop ballot, je ne peux pas les publier sur mon blog...)

Publié dans photo de la semaine

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Adé 10/01/2011 16:36



Pwapwapwaaaawww... te-hon à moi, je viens de voir l'article que j'avais survolé un peu vite avec réponse à la question... u_u



Adé 10/01/2011 16:29



J'adhère carrément à ton idée sur la notion de temps. Et l'essentiel, c'est de vivre chaque instant au présent, car le présent est une "valeur" qui crée ce bonheur à ce moment  où
tu cherches à le vivre... Bonne année à toi, qu'elle soit donc pleine de bonheur :)


C'est  assez étonnant de lire dans ce que tu dis, quel est le rapport qu'ont les orientaux avec le commerce...  (d'ailleurs petite question en cas de loupage épisodique... : que
peut-ont trouver de typiquement Libanais là-bas ? Quelle est/sont leur(s) spécialité(s) ?)