La crise politique pour les nuls

Publié le par gotolebanon


La franchise étant déjà brevetée, je me vois dans l'obligation de retitrer l'information par



la crise politique par une nulle

!!!



Legend... wait for it...ary comme jeu de mot, nan?!



Non.

...

Tant pis!

 

Le fait est que je ne suis sûrement pas la personne la plus qualifiée pour vous informer sur le sujet. Avec une licence de lettres modernes, bien que je m'intéresse à l'actualité, il me manque d'importantes notions en géopolitique et histoire libanaise pour faire un bon papier. Cependant, je vais essayer de faire de mon mieux -et de faire court, aussi. Enfin, chai pas, enfin, ptètre- pour vous résumer ce que les grands quotidiens titrent à juste raison "Une nouvelle crise libanaise" (qui passe cependant un peu inaperçue en France, me trompe-je?)

Au mieux, cet article vous permettra d'y voir plus clair, au pire, il me permettra, à moi, de recommencer à raconter autre chose que ma vie et à essayer de voir si j'ai bien compris ce qu'il se passe dans mon pays d'accueil.

 

Pour ceux qui croient que je vais commencer par le 12 janvier, laissez moi vous dire qu'ils se leurrent. On va remonter un peu plus loin (si je voulais être exacte, je remonterais biiiiien plus loin, mais allons directement aux faits!)

 

Convecteur temporel paré au 14 février 2005

Désolée pour les blagues nulles. Mais c'est mon blog et ... c'est mon blog! En vrai, c'est aussi l'anniversaire aujourd'hui d'une fan incontestée de Retour vers le Futur :) 

 

Avant toute chose, il est important de comprendre que je ne donne pas mon avis. Cet article se veut objectif et a pour but d'informer et de permettre de mieux comprendre la crise actuelle. Les sources sont principalement tirées de mes lectures du magazine internet iloubnan.info, des quotidiens l'orient le jour et le monde, de courrier international et de cet article très enrichissant de Nadim Hasbani, chercheur en géopolitique.

 

le 14 février 2005

 

Hariri-assasination-2.jpgcrédit photo iloubnan.info (originale ici)

  Le 14 février 2005, l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, surnommé Monsieur Liban tant il incarnait le visage politique et économique de son pays, périssait dans un attentat à Beyrouth, jetant un voile sombre sur le pays des Cèdres.

En effet, le milliardaire libano-saoudien avait sillonné le monde afin de convaincre les investisseurs de revenir au Liban, ravagé par des décennies de guerre civile. Le Liban lui reprocha le mariage de l'économie et de la politique (l'état s'affirmant plus comme entrepreneur que comme politique, ce qui peut expliquer en partie la crise économique actuelle -mais là n'est pas le sujet.) mais Hariri fut le père de la reconstruction du pays. C'était un homme aimé, qui mourut au moment où son opposition à l'hégémonie de la Syrie voisine, alors puissance de tutelle depuis près de 30 ans, commençait à se faire sentir.

 

Sa mort fut un grand choc pour le Liban et la communauté internationale, et réveilla de vieux démons tout en créant un vide considérable dans le jeu de la politique interne. Après le meurtre, qualifié de "terroriste" par l'ONU qui lance une enquête internationale, les évènements se précipitent au Liban, pris d'une "fièvre indépendantiste".

 

L'assassinat déclenche "la Révolution du Cèdre", qui réclame la fin de l'ingérence syrienne: Damas est forcé de retirer ses troupes deux mois plus tard.

 

A partir de là, une dizaine de personnalités, en majorité antisyriennes, sont assassinées. La Syrie est naturellement mis en cause, autant par une commission de l'ONU que par Saad Hariri (en 2007), le nouvel ex-premier ministre.

 

 

Une division entre deux "partis"

 

Ce qu'il faut savoir, c'est que le Liban fonctionne principalement à partir de 2005 (et pour schématiser) autour de deux parties: les forces du 14 mars et les forces du 8 mars (les dates sont des rappels de la manifestation anti syrienne du 14 mars 2005 ayant rassemblée prêt d'un million de personnes, et d'une manifestation pro-syrienne en réponse aux accusations portant sur la Syrie sur l'assassinat de Rafic Hariri, le 8 mars 2006) )

 

Selon Nadim Hasbani, les forces du 14 mars, alliées aux Occidentaux et rassemblées autour de Saad Hariri, sunnite, voient le Liban comme un pays « moderne », pro-occidental, terre d’accueil pour les investissements étrangers et arabes, offrant ses services financiers, touristiques, immobiliers et bancaires à toute la région – une sorte de Hong-Kong local. Le centre-ville et les infrastructures de Beyrouth, héritages de Rafic Hariri et reconstruits après la guerre civile, seraient une vitrine internationale de ce Liban.

 

Toujours selon Nadim Hasbani, lʼalliance du 8 mars, notamment le Hezbollah et les forces pro-syriennes, a une vision du pays diamétralement opposée : un Liban forteresse, qui héberge la seule résistance arabe efficace contre Israël, et qui accumule des succès militaires et populaires contre un État hébreu qui ne cesse d’agresser le Liban. Cette identité, qui défend la culture de la résistance (saqafat el mouqawama) source de bravoure et d’honneur, se veut idéologiquement anti-occidentale et bénéficiaire des politiques antiaméricaines « gagnantes » de la Syrie et de l’Iran. Elle représente également la concrétisation de l’idéologie politico-religieuse chiite qui prône la culture du martyre. En signe de refus de ce qu’elles appellent la « culture de la mort » et de sa vision sous-jacente dʼun Liban bunker, les forces du 14 mars ont initié une énorme campagne publicitaire aux couleurs du drapeau libanais, avec pour seul slogan : « Jʼaime la vie ».

 

De même, il est important de comprendre le fonctionnement du gouvernement libanais, qui est régit par un accord non écrit datant de 1943, "le pacte national", ayant pour charge d'assurer l'équilibre entre les communautés religieuses au sein du gouvernement. Ainsi, les trois présidences (président de la république, président du Conseil et président de l'assemblée) sont réparties aux trois principales confessions: maronite, sunnite et chiite. L'assemblée doit compter autant de chrétiens que de musulmans, cela depuis les accords de Taëf en 1989. Le président du conseil (ou Premier Ministre), sunnite donc, a par ce même accord de Taëf plus de poids et de pouvoirs que le président de la république (actuellement le général Michel Sleiman, chrétien maronite) Il est intéressant et problématique de noter que les juifs libanais ne sont pas représentés au gouvernement, contrairement aux autres minorités (druzes, orthodoxes, ...)

 

Un gouvernement contesté et affaibli

 

En juillet 2005, avec le retrait de la Syrie, le Hezbollah se voit dans l'obligation d'intégrer le gouvernement libanais. En effet, la présence syrienne avait renforcé sa présence et avait largement contribué à sa forçe, que les libanais découvrir avec stupeur lors des ripostes faites durant l'été 2006 contre Israël (ce renforcement était indépendant du cadre institutionnel et confessionnel libanais) La fin du parapluie syrien poussa donc le Hezbollah sur la scène politique.

Le 13 décembre 2005, le Gouvernement de la République libanaise demande à l'ONU de créer un tribunal à caractère international chargé de juger les auteurs de l’attentat du 14 février. Le gouvernement sombre alors très rapidement dans de profonds désaccords concernant l'établissement du TSL (Tribunal Spécial pour le Liban) mais concernant également le partage du pouvoir, et don la Constitution. En effet, le Hezbollah et les partis chiites réclamment très vite une plus large part que le pouvoir qui leur est concédé en accord avec dans la Constitution (Taëf, 1989, vous vous en souvenez? Plus concrètement, la rue chiite revendique un droit de veto sur les décisions d'un gouvernement présidé par un Premier Ministre Sunnite. Cette revendication pousse les ministres du Hezbollah à démissionner en novembre 2006. Les forces du 8 considèrent, suite à cette démission, que le gouvernement du Premier ministre Siniora est inconstitutionnel, puisqu’il ne représente plus toutes les communautés libanaises (comme l’exige la Constitution) De même, les forces du 14, représenté par le fils de Rafic Hariri, Saad Hariri, considèrent que la présidence de lʼÉtat est vacante et inconstitutionnelle, et réclament donc la démission du président: en effet, le Président de la République, Emile Lahoud, a été élu sous la tutelle syrienne en 2004, et qui plus est inconstitutionnellement.

Sur ces tensions politiques se greffent les conséquences du conflit avec Israël de l'été 2006, qui opposait plus spécifiquement Israël au Parti de Dieu (Hezbollah). Le désir de certains pays occidentaux d'éliminer la force militaire du Hezbollah, qualifié de terroriste par les Etats-Unis, fait que l'Occident ne semble pas avoir oeuvré à une cessation rapide des hostilités, espérant qu'Israël viendrait à bout de l'arsenal du Hezbollah. Leur priorité concernant l'élimination de la force militaire du Hezbollah a donc indirectement affaibli, encore plus qu'il ne l'était, le gouvernement Libanais avant cette crise de novembre 2006. Après la cessation des hostilités en aout 2006, leur soutien concerne alors non pas le gouvernement libanais, trop faible, mais l'une de ses composantes politiques, à savoir celle anti-syrienne et contre le Hezbollah: les forces du 14 Mars, représentées par Saad Hariri (cela explique pourquoi aujourd'hui, les pays occidentaux soutiennent Saad Hariri et non le nouveau premier Ministre Libanais, Najid Mikati, amené au pouvoir par le 8 et le Hezbollah.) Logiquement, les partis adverses entre donc en confrontation contre ces soutiens, représentés en particulier par les Etats-Unis et la France.


Le Liban comme un Moyen-Orient miniature.

 

La dichotomie entre le 8 et le 14, en plus de leurs visions totalement différentes du Liban (politiques pro et anti-syrienne, idéologies pro-iranienne ou pro-occidentale) contient, qui plus est, une tension confessionnelle et communataire. Pour résumer, il s'agit ni plus ni moins d'un conflit entre sunnites et chiites, ravivé à l'echelle internationale par le conflit irakien. Conflit au milieu duquel se trouvent les chrétiens (ça devient compliqué, hein? Et encore, je résume et schématise à mort) qui, par manque d'un leadership semblable à celui de Nasrallah pour les chiites ou de Hariri pour les sunnites et suite aux accords de Taëf, ont un poid très faibles en politique. Les leadeurs chrétiens étant d'une part au côté du 14 et d'autre part au côté du Hezbollah (ce qui n'est pas si mal dans le sens où cette alliance empèche un conflit musulmans-chrétiens semblable au conflit sunnites-chiites au Liban), la communauté chrétienne reste plutôt neutre. De même, les chrétiens étant généralement plutôt discret sur la question palestinienne et ayant comme vision du Liban celle d'un pays éloigné du conflit israélo-arabe, ils occupent moins le devant de la scène politique, autant intérieure qu'extérieur. Le gouvernement libanais est, comme vous le voyez, intimement lié à la question religieuse.

Les différentes visions du 8 et du 14 résument (grossièrement, j'essaye de ne pas trop vous embrouiller même si je pense que beaucoup d'entre vous ne réussiront pas à lire jusqu'à là. Personnelement, je commence à avoir mal à la tête) la question de l'identité du Moyen-Orient. Leur concurrence n'est pas qu'intérieure mais aussi extérieure. Ainsi, on trouve au Moyen-Orient d'un côté le Hezbollah, le Hamas, la Syrie et l'Iran, régimes chiites , et de l'autre, l'Arabie Saoudite, l'Egypte, la Jordanie et les pays du golphe persiques, régimes sunnites. Et chacun veut toujours grignoter un peu plus de territoire chez l'autre.A ce joli bordel s'ajoute en plus la question de la Palestine. Ces tensions internationales sont visibles au Liban: ainsi, par exemple, l'Iran aura verser beaucoup de fond pour la reconstruction de Baalbek, fief du Hezbollah, quand l'arabie saoudite financera la construction de mosquées sunnites à Beyrouth. Il est inutile de dire que des deux côtés, on lorgne sur le Liban (lisez la traversée du desert dans Asterix et Obelix au pays de l'or noir, ça résume à peu près la situation!!!)

 

 Le lancement du TSL

 

Comme vous l'avez lu, les ministres du Hezbollah démissionnent en novembre 2006, ce qui paralyse le gouvernement. A partir de là, c'est flou pour moi et je manque d'informations. Ce qui est sûr, c'est que le Liban est à la limite d'une nouvelle guerre civile, les affrontements armés dans Beyrouth étant monnaie courante. Là dessus, le président de la République quitte son poste en novembre 2007. Le Liban sera sans président jusqu'en mai 2008, faute d'accord entre la majorité et l'opposition.Le TSL, créé en 2007, est lancé en mars 2009 ce qui ravivent les tensions de 2006. 

 En effet, le TSL, répondant de l'ONU (donc principalement occidental) et devant juger les attentats de personnalités anti-syriennes, n'est pas au goût de l'opposition, plutôt pro-syrienne  et qui n 'est pas particulièrement en bon terme avec l'occident. Il est cependant soutenu par Saad Hariri, à la tête du gouvernement à partir de juin 2009.

 Pour résumer, le TSL est le premier tribunal international chargé de poursuivre et juger des actes de terrorisme.  La procédure pénale devant le TSL, qui siège aux Pays-Bas pour des raisons de sécurité, est hybride. Elle s'inspire du système accusatoire en vigueur dans les autres tribunaux internationaux, mais aussi du système inquisitoire qui régit le droit libanais ou français.

Lors du lancement, en mars 2009, la Haye demande le transfert des quatre généraux libanais retenus au Liban, accusés d'avoir participé à l'attentat. Cela paraît logique étant donné que la justice libanaise a refusé les demandes de libération et qu'ils relevaient de la compétence de la justice internationale. Or le Hezbollah et certains de ses alliés lancèrent une campagne médiatique et politique pour les présenter comme les victimes d'une injustice et pour demander qu'ils soient relâchés, affirmant que toute autre décision relèverait de la soumission aux pressions étrangères et livrerait le Liban aux instances internationales, dont personne ne pourrait être sûr qu'elles échappent à l'influence américaine. Bien qu'ils furent relâchés, faute de preuves,  l'opposition  s'opposa soudainement au mémorandum du TSL, ce qui engendra de nouvelles tensions (combat entre partisans de Saad Hariri et le Hezbollah) Pour le Hezbollah, le TSL est la solde d'Israël et des etats-Unis: il s'attend donc à être accusé. Et a menacé fin 2010 quiconque tenterait d'arrêter l'un de ses membres, et a demandé au Premier ministre Saad Hariri  de désavouer le Tribunal, qui mettrait, selon lui,  en danger la stabilité politique libanaise. Mais le gouvernement a refusé la pression, ce qui a entraîné la crise de 2011.

 

Avant de vous expliquer tant bien que mal la situation en janvier 2011, il faut comprendre que le TSL, ayant un but de justice louable, a fortement divisé et déstabilisé le pays dès sa création, car chaque parti mettait en accusation un coupable différent. Une réponse à la question "qui a tué Rafic Hariri?" aurait provoqué une zizanie intérieure, mais également un maëlstrom internationale entre Syrie, Israël et Etats-Unis... ou pire, une guerre, quelle soit civile ou entre différentes nations. Que ce soit le 14 ou le 8, avant janvier 2011, chaque partie se montrait plutôt prudent vis à vis du tribunal. La question qui se posait vis à vis des tensions était: la justice au prix de la paix? 

 

Chute du gouvernement le 12 janvier 2011

 

Le 12 janvier 2011, 11 ministres de l'opposition démissionnent du gouvernement, afin de montrer leur désaccord face à la politique du Premier Ministre, à ce moment là aux Etats-Unis, concernant le TSL. Comme en 2006, le gouvernement, ne respectant plus par ces démissions les accords de Taëfs, s'écroule. 

Ce qui fut, d'un côté, une bonne nouvelle. En effet, les libanais craignaient un affrontement entre le 14 et le Hezbollah comme en 2009. La destitution du gouvernement offrit donc quelques semaines de répit. Le gouvernement étant instable, il en est réduit à expédier les affaires courantes et ne peut donc pas prendre une décision aussi importante que celle de coopérer avec le tribunal.

D'un autre côté,le gouvernement fut obligé de se plier à la demande du Hezbollah, puisque toutes décisions furent ralenties par sa chute. Ainsi, actuellement, on ne sait pas encore quel sera la position de l'actuel gouvernement, autrefois l'opposition, face au TSL, même si on la devine puisque le nouveau Premier Ministre est soutenu par le Hezbollah.


L'élection d'un nouveau premier Ministre le 24 janvier 2011

 

Le 24 janvier, alors que l'on pensait qu'Hariri retrouverait son poste, ayant la majorité parlementaire, c'est Najib Mikati qui est nommé Premier Ministre. Ce millionnaire, sur la scène politique du Liban depuis de nombreuses années, faisait autrefois partis de la liste de Saad Hariri. Cette fois ci, il représente les forces du 8 mars et est clairement soutenu par le Hezbollah.

Cette nomination provoque des tensions dans le monde sunnites, la majorité supportant Hariri. Le 25 janvier, "le mardi de la colère" voit s'enchaîner de nombreuses et violentes manifestations, principalement à Tripoli. A ce moment précis, les Libanais craignent le renouveau d'une guerre civile. Les écoles sont fermées, tout le monde attend... Après des tensions entre sunnites et chiites visibles dans les rues, ce sont les tensions entre sunnites qui prennent le dessus.

Alors que Mikati annonce ne pas être "l'homme du Hezbollah"  : "Cette nomination (...) ne m'engage pour le moment à aucune position politique prise par le Hezbollah, sauf à celle de la protection de la Résistance (Hezbollah, ndlr)", soulignant que sa nomination "n'est pas une victoire d'un camp sur l'autre. C'est la victoire de la réconciliation", le parti de Saad Hariri annonce qu'il ne participera pas au nouveau gouvernement. De même, la communauté internationale s'inquiète, puisqu'elle voit dans l'édification de ce nouveau gouvernement la main mise du Hezbollah sur le Liban. Les relations autrefois cordiales avec l'occident deviennent donc plus tendues, car le Hezbollah apparaît comme une organisation terroriste, organisation armée et puissante (vous vous rappelez la guerre en Afghanistan, ayant pour but de détruire Al Quaïda... le risque est qu'on pourrait en arriver là, pour résumer) Cette édification pourrait également être un pretexte d'invasion par Israël, qui souhaite la destruction du Hezbollah. Des raids factices de l'armée israéliennes furent ainsi repérés au Sud du Liban peut après la chute du gouvernement.

De même, Hariri accuse la Syrie et l'Iran, qui soutiennent le Hezbollah, d'être clairement responsable de la chute du gouvernement libanais afin de permettre au Hezbollah de contrôler le gouvernement. Pour lui, la chute du gouvernement est due "à d'énormes pressions extérieures dont le but a été de changer les règles du jeu démocratique".

Cette nomination survole donc les frontières pour devenir un problème international. "Heureusement", les crises qui se multiplient dans le monde arabe en ce moment (Tunisie,Egypte, Maroc, Jordanie...) permettent au monde entier de se focaliser sur autre chose.

 

La question qui se pose maintenant est à propos de la décision du nouveau gouvernement concernant le TSL. Le désavouer ou non.

 

Que se passera t'il si le nouveau gouvernement refuse de coopérer avec le TSL?


Le tribunal Spécial pour le Liban est issu de la résolution 1757 de l'ONU. Cette résolution contient en annexe un accord contraignant signé par le Liban qui accepte de collaborer avec le Tribunal Spécial International. La démission des ministres du 8 mars et la nomination de Najib Mikati comme premier ministre sont supposés empêcher la collaboration libanaise avec le tribunal. "Un vœu pieu", selon le magazine Iloubnan.

En effet, quoi qu'il se passe dans le pays et globalement dans la région, le TSL ne pourra être stoppé. En effet, le gouvernement libanais a signé un accord stipulant que le procureur peut mener ses propres investigations sans l'assistance ou le consentements des autorités locales.

(tout ce qui suit est tiré de Iloubnan)

"Si le Liban refuse de coopérer, le Conseil de Sécurité de l'ONU sera appelé à prendre les « mesures nécessaires »

Dans le cas où le Liban refuse de coopérer ou d'exécuter une demande du TSL, un mécanisme en trois temps a été prévu. Ce mécanisme est coercitif.

«D’abord, le Président se concerte avec les autorités libanaises compétentes en vue d’amener celles-ci à coopérer. En suite, en cas de refus persistant de coopérer, le Juge de la mise en état ou la Chambre de première instance fait un constat judiciaire de non-coopération. Enfin, le Président transmet ce constat judiciaire au Conseil de sécurité aux fins qu’il prenne les mesures nécessaires.  »

Il est peu probable que le conseil de sécurité décide d'employer la force au Liban. Les conséquences d'une force d'intervention internationale intervenant au Liban afin de forcer les autorités à coopérer engendrerait un désastre pour tout le moyen orient. Il est plus probable que le conseil de sécurité décide d'imposer des sanctions économiques contraignante comme celles employées sur l'Iran. 

Le développement le plus inquiétant serait de voir le procureur émettre un mandat d'arrêt pour détention provisoire d'un suspect. Le procureur a ce pouvoir si il arrive a convaincre le juge de la mise en état qu'un suspect pourrait commettre de nouveaux actes de terrorisme ou tenter d'empêcher le TSL de fonctionner correctement. Dans ce cas, il reviendrait aux autorités libanaise d'arrêter le suspect et, en cas de refus, le conseil de sécurité pourrait appliquer des sanctions.

Cependant, le TSL ne prendra probablement pas ce genre de mesures pour deux raisons:
La première est que le procureur Daniel Bellemare et je juge de la mise en état Fransen sont conscients des conséquences que ce genre de mandat d'arrêt pourrait avoir sur la scène libanaise. 
La seconde raison est que ces procédures exceptionnelles entrent en conflit direct avec la présomption d'innocence que le TSL s'engage à respecter et qui est un des piliers de sa légitimité. Cette présomption d'innocence implique que tout accusé a le droit de se présenter libre devant les juges.

La coopération avec les autres états:

Une autre disposition pourrait réserver quelques surprises et même, inciter le Liban à coopérer avec le TSL.

La collaboration avec le TSL est obligatoire pour le Liban mais libre pour les autres états. Le bureau de la défense ou le procureur peuvent demander à d'autres états ou organisation de signer des accords de coopération. Par exemple, le bureau de la défense pourrait demander à la Syrie de lui transmettre des documents pour aider la défense ou les accusés. Il reviendrait alors à la syrie de décider si ils veulent collaborer ou pas. Si ils refusent, la défense pourrait perdre des documents précieux et les chances des accusés de se voir déclarés coupables augmentent.

Si ils acceptent, le bureau du procureur et de la défense pourront demander l'assistance de la Syrie et la Syrie sera considérée comme ayant reconnu le tribunal

Le même cas s'applique à tous les pays et cette disposition pourrait amener des surprises. 
Les Etats-Unis ont accepté de collaborer avec le tribunal mais un récent document diplomatique obtenu par WikiLeaks révélait l'embarras du procureur Daniel Bellemarre face aux refus des Etats-Unis de répondre à ses requêtes. « Si les Etats-Unis ne m'aident pas, qui le fera » déclarait le procureur.

Il est fort probable que d'autres états seront appelés à collaborer avec le Tribunal soit par le procureur soit par la défense ou par les deux: la Syrie, Israel, l'Iran, les Etats-Unis, le Royaume-Uni etc. La réponse que donneront ces États pèsera lourd sur la légitimité du Tribunal et sa reconnaissance internationale. "

 

En gros, la situation n'évoluerait pas, et l'assassinat de Hariri risquerait de rester non résolu.

Le problème réside clairement pour le moment dans la désunion entre partis. Saad Hariri ayant le soutien de l'Occident, et le Hezbollah de la Syrie et de L'Iran, la crise risque bien de ne pas se régler de l'intérieur, et c'est le sort de jouet qui échouerait au Liban.

 

 

 

Ce sont donc les divergences de points de vue entre le gouvernement et l'opposition concernant le TSL qui auraient précipité la crise que vit actuellement le Liban. Cependant, vous voyez bien la face caché de l'iceberg. Il s'agit plus qu'une simple crise politique à propos de la résolution d'une question. La volonté de reformulation du système gouvernemental ainsi que le questionnement "quelle est l'identité libanaise" et les problèmes communautaires s'imbriquent dangereusement à des conflits régionaux qui opposent l'Iran et ses alliés au camp pro-américain. Cependant, les Libanais avouent avoir l'habitude et sont confiants. Ils vivent au jour le jour. Donc, pas de souci à se faire! Il y a beaucoup à apprendre de ce peuple. Comme le dit cet étudiant: "le gouvernement est tombé, mais il reste Hawa Chicken!"

 

 

Et comme vous avez été courageux ... cadeau !

 

 

NB: Lorsque j'ai écris cette article, la situation égyptienne était stable, et je m'inquiétais très égoïstement de la situation du Liban. A présent, les choses ont un peu changé.Les libanais se font, à juste titre, beaucoup de soucis pour la situation égyptienne. En ce qui concerne les soeurs salésiennes, elles ont plusieurs communautés ailleurs que dans le Caire, qui ne sont plus joignable depuis deux jours, cause de stress supplémentaire pour ma communauté. Je vous conseille, pour ceux qui sont un peu perdu, la lecture de ce site et de ce site

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Mayeneutantine 26/01/2011 08:39



100000 Mercis pour la référence à un de mes films cultes...


Personne ne me traite ....de mauviette!!!


Et connard! Tire tes sales pattes de là où je me......ohohoho!  Fache!


Non! Biff! tu vas la laisser tranquille!


Le festin nous a rapproché....


 


Bref! ca fait du bien.......


Merci pour ta cacedédi...J'apprécie beaucoup!


Gros bisous!


Marie



gotolebanon 05/03/2011 12:58



De rien!!!!


Je n'ai pas ces films ici, t'imagines???? je suis partie SANS 0_0


bad nieze....


;)



sechtock 25/01/2011 20:28



Merci pour ces mises au point. Effectivement l'actualité libanaise n'est pas couverte par tous les médias en France. Personnellement, je me tiens au courant sur RCF que j'écoute dans ma
voiture...


Je conseille pour celles et ceux que le sujet intéresse, le film "Valse avec Bachir"qui permet de mettre, si j'ose dire, le pied à l'étrier. C'est un film qui ébranle, âmes sensibles, s'abstenir.